Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 10:56

En quelques mots, une femme sur 6000 vient au monde atteinte de ce syndrome. Le diagnostic se fait a l'adolescence, quand on s'inquiète de ne pas avoir ses règles. Les examens s'enchaînent et révèlent alors une absence totale ou partielle du vagin, et de l'utérus.

C'est la que tout s'effondre. Qui a-t-il de plus dur pour une femme d'apprendre qu'elle n'est pas capable d'offrir les plaisirs de l'amour a un homme, et qu'elle ne sera jamais en mesure de donner la vie. Comment se sentir encore femme après cela?

Il faut se reconstruire moralement, ce qui nous prendra des années, voir toute une vie. Il faut se reconstruire physiquement pour s'offrir au moins une vie sexuelle normale, et il faut accepter que les lois françaises ignorent totalement notre besoin de devenir maman a l'heure actuelle
.

Nous sommes conscientes que l'adoption existe (bien que de nombreuses procédures et beaucoup de temps avant d'être parent d'un bébé adopté) mais nous voulons vous montrer aussi que la Gestation Pour Autrui (GPA) existe alors pourquoi s'en interdire la pratique ? Si nous souhaitons avoir un enfant de notre sang, cela nous est possible comme n'importe quelle femme normalement constituée. Il n'y a rien d'anormal, de malsain et d'inhumain dans cette envie d'être maman ! Les pays où cette pratique est légalisée ont déjà étudiés tous les aspects de cette technique, nous souhaitons donc sensibiliser l'opinion publique pour que la France suive ces pays qui ont déjà une bonne longueur d'avance !

Evidement cette pratique n
e devra être utilisée que par des cas comme le notre ou des femmes ayant eu un cancer de l'utérus, par exemple. Afin d'éviter toutes dérives, il est indispensable d'établir une loi, pour que seule les femmes ayant des problèmes d'infertilité puissent opter pour cette pratique afin de fonder une famille.

Ce blog n'est pas là pour que vous ayez pitié de notre situation ou pour que nous puissions nous plaindre de la difficulté qui s'est insérée dans nos
vies, sa création est faite pour :

> nous permettre de nous faire entendre,
> briser ce silence qui nous entoure (sujet tabou pour beaucoup d'entre nous),
> et principalement faire évoluer les mentalités pour donner vie a nos rêves, pour donner la vie à nos anges.


Nous remarquons parfois des personnes qui ne son
t pas réceptives à notre combat et surtout ne le comprenne pas, nous demandons simplement plus de flexibilité dans votre façon de penser et un peu d'empathie pour comprendre :)

La vie nous a imposé une difficulté, la médecine nous a trouvé une solution... nous pouvons vivre comme vous, à nous de vous le dire, de le dire à la France.
Par Maman sans utérus, le bonheur illégal - Publié dans : Présentation
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 14:58
1982... une petite fille est née parmis tant d'autres cette année là... beau bébé, en pleine forme, tout ce qu'il faut là où il faut... en apparence...

Les
années passent, l'
enfance, le début de l'adolescence, jeune fille épanouie, quelques soucis mais comme tout le monde finalement, et là... l'année de mes 16 ans, une nouvelle a bouleversé ma vie, mes projets, mon avenir, mes envies, mes espoirs... ma vision de la v ie tout simplement !

Ma mère commençait sérieuse
ment à se demander quand mes règles allaient arriver pour la première fois... Je ne vais sûrement pas vous surprendre en vous disant qu'elle ne sont jamais venues ces coquines ;-)

Au départ, je l'ai très mal v
écu, car il faut dire que le chirurgien qui m'a fait la coelioscopie, m'a annoncé le diagnostic final de façon peu conventionnelle. Quoi de plus déstabilisant à 16 ans de savoir qu'on ne sera pas vraiment comme les autres femmes mais une femme quand même.

L'adolescence est une période charnière dans la vie d'une personne. Ce genre d'annonce vous fait murir plus vite, vous fait redescendre sur terre et vous montre bien la réalité de la vie...  un combat permanent. C'est ce que ma vie était devenue en l'espace de quelques secondes.

Mais voilà, au cours de l'année 2005 j'ai décidé d'en faire une force, de me battre et de faire de cette fatalité un combat pour que les prochaines générations le vivent mieux et sachent qu'elles ne sont pas seules. Je me suis libérée de tout mes vieux démons, je vais mieux, je vais bien, je l'assume pleinement (bien que seulement quelques personnes de mon entourage soient au courant... je ne le cris pas sur les toits, au final ça ne regarde que moi) et j'en rigole parfois...

Il f
aut savoir que je n'ai pas eu besoin d'opération pour une construction du vagin (comme la plus part des cas de mrkh), dans mon cas il ne me manque que l'utérus.
Main
tenant j'ai quand même cette peur, vais-je arriver à mon but depuis que je suis petite ? Avoir mes propres bouts de chou... j'y crois, j'espère, je garde espoir, mais la France freine tellement la GPA qu'il faut se battre, que toutes les personnes sensibles à notre combat se battent avec nous, rien qu'en parlant du syndrome autour d'eux...

Voilà
un petit résumé de mon état d'esprit, jeune femme optimiste qui garde la pêche quoi qu'il arrive, (bien sur, humaine, avec quelques bas comme tout le monde, mais ça passe aussi vite que c'est venu) a besoin de montrer que nous sommes là, que nous existons... que derrière ces quelques témoignages, il y'a en réalité plus de femmes comme nous que vous ne le pensez !

Brisons enfin ce silence, ce sujet tabou pour la France !!!!!!!
Par Julie - Publié dans : Témoignages
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 15:53

Bonne résolution 2010 : Continuer le combat !!


Le 29 juillet 1986, à 00h50, ma maman me met au monde avec un mois d'avance. Je suis une jolie petite fille, je me porte bien, et le prénom choisi sera anaïs. J'ai grandi à la campagne, enfance heureuse, bercée de chamailleries avec ma grande sœur, de moments de tendresse avec mes parents, et de jeux en touts genres. Mon préféré, c'était bien sur de jouer à la maman, comme toute les petites filles. On met des coussins sur son ventre, et on rêve de devenir grande !

S
eulement voilà, j'ai grandi, et les choses ont changées. Je suis toujours restée très proche des enfants. J'ai cumulé les heures de baby sitting, les voyages scolaires, et les moments de complicité avec tous les petits bouts de chou que ma mère a pu garder puisqu'elle est nourrice. Et j'ai toujours eu un contact privilégié avec chacun d'entre eux, que je retrouve aujourd'hui avec mes deux neveux. Au fil des années, les rêves de petite fille laissent place aux envies d'ados, et on attend avec impatience le jour de ses premières règle pour se sentir femme, et capable de concrétiser nos rêves d'enfants, toujours dans un coin de notre tête. Alors on attend son tour, patiemment, mais il se fait attendre, tellement attendre, que je décide de consulter, et c'est la que tout s'effondre.

Je fais partie des femmes qui ne feront jamais de leur rêve une réalité, je fais partie de celles qui devront se battre, et pleurer pour réussir à se sentir femme. C'est le cauchemar qui m'a rattrapé le jour ou les lettres M.R.K.H. sont entrées dans ma vie. A la suite de l'échographie censé me révéler la cause de mon absence de règles, le verdict est sans appel : je n'ai ni vagin, ni utérus. Ce syndrome est connu et porte le nom de MAYER - ROKITANSKY - KÜSTER – HAUSER ; aussi imprononçable qu'inacceptable, sa découverte a complètement détruit ma vie. J'avais 17 ans, et je me suis retrouvée forcée de prendre conscience d'un tas de choses auxquelles je n'avais pas l'age de penser.

A la sor
tie du cabinet, j'ai pleuré comme jamais auparavant. Je me sentais vide, anormale. Les femmes sont faites pour avoir des enfants, alors pourquoi je suis née incapable d'en faire ? Je me suis totalement dévalorisée, et comment trouver un homme qui allais m'aimer sachant que je ne ferais jamais de lui un papa, qu'il ne verra jamais mon ventre s'arrondir, qu'il ne sentira jamais les premiers coups de pieds de son bébé a travers, toutes ces choses que moi-même j'avais tant espéré avant que tout s'effondre. Moi qui aime tant les enfants, il ne pouvais rien m'arriver de pire.

Le p
lus dur dans tout ça, c'est qu'avec ce syndrome, il n'y a pas de guérison, on est en bonne santé, mais c'est moralement que l'on souffre, chaque jour qui passe, et nous n'avons actuellement aucun espoir pour que ça change. La greffe d'utérus est loin d'être au point, et même si elle l'était, une greffe, c'est risqué pour être tenté sur une personne qui comme je viens de le dire, est en bonne santé. Quand à la gestation pour autrui, c'est de loin la meilleure solution, seulement voilà, en France c'est impossible. Après la fatalité, qui a fait que c'est tombé sur nous, que l'on doit accepter même si c'est dur, il nous faut aussi se dire que c'est comme ça, que les lois sont ainsi, qu'elles nous prive de notre seul recours pour accéder au plus beau des cadeau de la vie, et tout ceci sans motif valable, j'ai beau chercher, je ne trouve pas. Sachant que des femmes sont volontaires pour nous aider, que notre demande est sincère et justifiée, je n'arrive pas à comprendre pourquoi les mentalités n'arrivent pas a évoluer dans notre pays, et nous privent de notre seul espoir.

La seule impression q
u'il nous reste est que tout est perdu, que rien ne nous sortira du gouffre dans lequel on vient de sombrer. On arrête d'espérer, pour être sur de ne plus jamais être déçue, pour ne plus jamais ressentir toute cette douleur.

Heureusement, je me su
is rendu compte que j'étais très entourée. Ma famille et mes amis m'ont beaucoup aidés. L'association maia m'a permis d'entrer en contact avec d'autres filles dans mon cas, pour rompre l'isolement, me permettre de me confier, et me montrer que je n'étais pas seule. J'ai repris confiance en moi, et j'ai même réussi à me convaincre que j'étais une femme normale, comme les autres.
Aujourd'hui, les choses sont différentes. Quatre ans se sont passés, et même s'il reste la cicatrice, on peut dire que la plaie s'est refermée. Bien sur que je n'oublierais jamais, et j'aurais toujours un pincement au cœur devant une femme enceinte, mais j'ai appris à accepter, à vivre avec et à continuer a avancer malgré tout.
Ce qui m'a r
edonné des ailes, c'est d'avoir trouver l'amour. J'ai a mes cotés quelqu'un qui me soutiens énormément et qui m'aime comme je suis. Lui, il n'a aucun problème, et malgré tout, il a accepté de porter le mien, et on va se battre ensemble pour avoir nous aussi notre part de bonheur un jour. Je profite de ces quelques lignes pour remercier également sa famille, qui me soutiens beaucoup. Ca me fais un bien fou de vous avoir, vos paroles, vos regards tout simplement me redonnent confiance en moi et en l'avenir. Grâce a vous, j'ai de nouveaux rêves, et a nouveau l'envie de les réaliser. Je ne vois plus les choses de la même manière, l'envie de me battre a repris le dessus sur la fatalité.

Il y a
ura toujours des coups durs, mais il y a de nouveaux espoirs. Nous avons besoin de briser ce silence qui nous entoure pour que notre pays comprenne qu'une évolution est nécessaire. Les temps ont changés, les mentalités aussi, c'est au tour des lois maintenant de donner suite à nos espoirs en nous permettant a nous aussi de réaliser nos rêves de petites filles. La gestation pour autrui n'est pas un crime, c'est notre seule chance de faire une croix définitive sur les crises de larmes, les souffrances et les pincements au cœur. C'est trop dur de ne pouvoir qu'envier le bonheur des autres, d'écouter les gens vous demander quand est-ce que viendra votre tour. C'est la seule solution qui pourrait nous permettre de devenir maman.
.

 

Aidez nous à faire de cet espoir une réalité
Par Anaïs - Publié dans : Témoignages
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 16:12

Mères porteuses: Les Français sont pour

Faut-il légaliser les mères porteuses? La réponse est oui pour 65 % des Français, révèle une étude réalisée pour Le Journal du Dimanche et l’émission Zone interdite (ce dimache à 20 h 45 sur M6), consacrée ce soir à ces couples qui ont recours à la gestation pour autrui (GPA) et à ces femmes qui portent l ’enfant d’une autre.

L’idée progresse dans l’opinion publique: en janvier, ils étaient 61 % à se déclarer favorables à la légalisation des mères porteuses, selon un sondage réalisé par Ipsos. Les partisans de la légalisation sont encore plus nombreux chez les femmes (68 %), les 25-49 ans (68 %) et les 25-34 ans (71 %), sans doute plus sensibles au désir d’enfant et au problème de la stérilité. Trois mois après la clôture des états généraux sur la révision des lois de bioéthique, prévue au premier semestre 2010, la philosophe Sylviane Agacinski, qui s’insurge contre ce qu’elle appelle "le marché des utérus", fait face à une opinion publique de plus en plus intéressée par la solution que peut représenter, la gestation pour autrui. Plus d’un Français sur deux (55 %) affirme qu’il aurait recours à une mère porteuse si cela devenait légal et qu’il ne pouvait avoir d’enfants. Plus étonnant encore: 52 % des sondés considèrent que ces femmes devraient être rémunérées.

"C’est un changement complet et inédit de relations humaines"

Au même titre que l’IVG, la GPA suscite un débat de société. L’Académie de médecine en était convenue au moment de rendre un avis négatif, en mars dernier, sur sa légalisation. "Ce n’est pas un progrès scientifique. C’est un changement complet et inédit de relations humaines", indiquait le rapport, ajoutant que, "par la nature des problèmes qu’elle soulève, la GPA interpelle avant tout la société et relève de la décision du législateur." Depuis 1994, la France prohibe la gestation pour autrui, passible d’une amende de 15 000 euros et d’une peine d’emprisonnement d’un an, doublées si les faits ont été commis "à titre habituel ou dans un but lucratif". De plus en plus de couples prennent néanmoins le risque de faire appel à une mère porteuse. Elle se pratique en France, dans la clandestinité, où des femmes vont parfois jusqu’à échanger leur Carte vitale. Ou à l’étranger…

En Floride ou au Canada, eldorados de la GPA. En Belgique, même si la mère intentionnelle et biologique n’a aucun droit sur l’enfant. En Angleterre, malgré un délai de rétractation rébarbatif. Plus récemment en Grèce, où tout est très encadré mais également très compliqué pour un couple étranger. Beaucoup se tournent alors vers d’autres destinations plus accessibles mais sans aucune éthique, notamment l’Ukraine et, plus récemment, l’Inde, où les mères porteuses représentent un véritable business.

Par JDD.fr - Publié dans : Articles de presse
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 16:15

"Cet enfant est, biologiquement, le nôtre"

Sabrina ne pouvait pas être enceinte. Elle et son mari, qui vivent en Normandie, ont trouvé au Canada une femme qui a bien voulu porter leur enfant. Cléa a aujourd’hui 5 ans

Dans le jardin de leur maison, en Normandie, ils ont planté un érable. Son arbre. Cléa (le prénom a été modifié) a 5 ans. Elle est née au Canada, où habite sa "nounou", comme l’appelle sa maman; cette autre femme qui, pendant neuf mois, "l’a gardée au chaud" dans son ventre. Sabrina a brutalement appris à 18 ans qu’elle ne pourrait jamais être enceinte: atteinte du syndrome MRKH, elle a des trompes et des ovaires fonctionnels mais pas de vagin ni d’utérus. Un choc pour cette jeune femme, déjà en couple et qui ne pouvait imaginer sa vie sans enfants. "J’étais bouleversée, raconte Sabrina, submergée par la colère, la haine, l’incompréhension: pourquoi moi?" Il aurait sans doute fallu qu’elle renonce. "Impossible, tranche-t-elle. C’est quelque chose dont on ne peut pas faire le deuil. Autant me mettre tout de suite dans un cercueil."

Elle a dit à son mari que s’il voulait la quitter, elle comprendrait. "Je l’aimais plus que tout, mais je ne voulais pas lui infliger mon handicap", murmure Sabrina. Sylvain est resté. "On a décidé de se battre ensemble." Le gynécologue qu’elle avait consulté lui avait parlé de la gestation pour autrui (GPA), en lui précisant que cette forme d’aide médicale à la procréation est interdite en France. Mais Sabrina et Sylvain vont d’abord se lancer dans une procédure d’adoption. Au bout de cinq ans d’attentes insoutenables et d’espoirs racornis, ils vont commencer à envisager de faire un enfant avec l’aide d’une autre femme.

Des candidates à la pelle

"On a cherché dans tous les sens, à commencer par les plus mauvais", confie Sabrina, qui a trouvé des tas de candidates à la gestation pour autrui sur Internet. L’une d’entre elles leur avait demandé 100 000 euros pour un enfant, 200 000 euros en cas de grossesse gémellaire. Soupir: "Il faut voir sur qui on tombe." Des femmes qui offrent leur ventre au plus offrant ou se servent de leur corps comme d’une monnaie d’échange pour obtenir des papiers. Dans un élan de générosité, la soeur de Sylvain, qui avait déjà deux enfants, va leur proposer de porter le leur. "On s’est renseigné mais c’était vraiment trop risqué, déplore Sabrina. On aurait été dans l’illégalité la plus totale. Et on ne voulait pas le faire frauduleusement." Ils optent finalement "au feeling" pour le Canada, qui leur donnait la garantie d’un encadrement professionnel et un sentiment de sécurité lié à la prise en charge.
Pour réaliser leur projet à 55 000 euros, ils ont contracté un emprunt en plus de leur crédit immobilier. Puis versé un acompte de 5 000 euros à une agence, en Ontario. Elle les a mis en contact avec une candidate, les a guidés pas à pas dans les démarches juridiques – notamment avec un avocat qui s’est occupé de rédiger le contrat liant les parents intentionnels et la mère porteuse –, a assuré le suivi psychologique du couple et de la mère "gestationnelle". Celle qu’ils ont baptisé "Nounou" est sage-femme de profession et maman de six enfants. L’anglais de Sabrina est plutôt sommaire mais elles parlent "la langue du coeur". "Je la considère comme ma soeur, murmure Sabrina. C’est la personne qui m’a aidée à devenir maman, ce que je n’espérais plus, même si on veut toujours croire à un miracle: un utérus qui te pousse pendant la nuit ou je ne sais quoi." Ils ont suivi la grossesse à des milliers de kilomètres, branchés sur la webcam ou pendus au téléphone. "L’avantage par rapport à l’adoption, c’est aussi que cet enfant est, biologiquement, le nôtre, glisse Sabrina. C’était merveilleux de pouvoir se demander pendant la grossesse: est-ce qu’il aura tes yeux ou les miens, mes cheveux, ton sourire?"

Cléa connaît déjà l’histoire de sa naissance

Cléa ressemble beaucoup à son papa, qui aime rappeler à sa femme sur le ton de la plaisanterie: "Je ne l’ai pas portée, mais toi non plus." Pour autant, Sabrina est tout à fait maman, comme le stipule l’acte de naissance de Cléa, où figurent leurs deux noms. Comme le lui a rappelé sa fille dès sa naissance. Deux jours après la sortie de la maternité, elle s’était mise à pleurer quand Sabrina avait voulu la mettre dans les bras de sa nounou. "Je crois qu’elle en a un peu marre de sa nourrice, avait alors plaisanté celle qui l’avait portée. Maintenant, elle veut sa maman." Elle lui rendit alors Cléa dont les cris cessèrent aussitôt.

Deux ans après la naissance de sa fille, le coeur de Sabrina s’est un peu serré en pensant au petit frère ou à la petite soeur qu’elle aurait aimé lui donner. Elle s’était toujours dit qu’elle aurait trois enfants, avec trois ans d’écart. "Mais financièrement, ce n’était pas possible. Il fallait déjà rembourser le crédit pour la maison et celui qu’on avait contracté pour elle. Moralement, c’est un peu dur, parce que c’est juste une question d’argent finalement. Je trouve ça nul et injuste." Cléa, elle, connaît déjà l’histoire de sa naissance. Sa maman lui a expliqué qu’un bout de son ventre était cassé à l’intérieur et qu’elle n’avait pas pu la porter, c’est pourquoi elle s’était développée pendant neuf mois dans le ventre de "nounou". C’est sans doute parce qu’elle a vécu ces premiers mois in utero de loin que Sabrina regarde aussi attentivement grandir sa fille. Pour ne rien rater de ses premiers mots et autres premiers pas, elle est devenue assistante maternelle.

Par JDD.fr - Publié dans : Articles de presse
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 16:25

"Une grossesse pour autrui n’a rien d’immoral"

Le professeur Israël Nisand est gynécologue obstétricien au CHU de Strasbourg


Faut-il, selon vous, légaliser la gestation pour autrui (GPA)?
Je suis favorable à une légalisation au cas par cas. Il ne s’agit pas de permettre tout et n’importe quoi. Mais les conséquences négatives de la prohibition nous entraînent dans le pire du pire: aujourd’hui, une mère porteuse, c’est 15 000 euros sur Internet; les couples les plus démunis vont en Ukraine ou en Inde dans des conditions que j’abhorre.

Les opposants à la GPA évoquent justement une dimension éthique…
Je ne vois pas quelles valeurs de notre démocratie nous protégeons avec un interdit assorti d’amendes et de peines de prison qui coupe toutes les têtes au même niveau. Une GPA entre personnes adultes, consentantes et non vulnérables, n’a rien d’immoral. Si elle était encadrée, on éviterait bien des dérives. D’autant que la générosité de femme à femme existe. Je l’ai rencontrée. Il n’y a pas si longtemps, une dame est venue me demander si elle pouvait porter l’enfant de son employée qui avait perdu son utérus à la suite d’une fausse couche.

La GPA ne présente-t-elle pas des risques sanitaires?
Le risque obstétrical n’est pas nul. Maintenant, les greffes d’organes aussi présentent des risques. Dernièrement, un père est décédé après avoir donné une partie de son foie à son fils. Je suis un peu navré de voir des gens qui ne sont pas médecins agiter le risque obstétrical. Comme je suis navré de les entendre parler du bien de l’enfant alors qu’on refuse à ces enfants la filiation avec leurs mères sous prétexte qu’elles ne les ont pas portés. Quand des gens se cachent derrière l’intérêt supérieur de l’enfant, c’est toujours suspect.

Comment pourrait-on encadrer la GPA?
On peut imaginer un groupe régional qui examinerait les demandes sur le plan médical mais aussi psychologique afin de détecter, notamment, les anomalies relationnelles : une obligation entre femmes, des motivations financières… Les dossiers seraient ensuite transmis à un groupe national chargé de donner un avis favorable ou défavorable.

Vous avez d’abord étécontre la GPA. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?
Au départ, j’étais contre parce que je pense qu’il ne faut pas toucher trop facilement à la structure de la famille. C’est la rencontre avec des couples qui m’a fait changer d’avis. On peut entendre leur souffrance. Le rôle du législateur ne doit pas être celui d’un père autoritaire qui décide de ce ,qui est bon ou pas pour vous. Que la loi protège des valeurs catholiques plutôt que républicaines me dérange.

Porter un enfant pendant neuf mois, même si ce n’est pas le sien, n’est pas anodin…
Dans notre société, l’accouchement est survalorisé, alors que ce qui est important dans la fonction maternelle, nc’est l’adoption. Si on voit des femmes capables de tuer leur propre enfant à la naissance, c’est que, s’il était dans leur ventre, il n’était pas dans leur tête, qu’elles ne se sentaient pas mères. On raconte n’importe quoi sur la grossesse et l’accouchement alors qu’on ne sait quasiment rien des liens entre la mère et l’enfant in utero. Les mères porteuses sont des nourrices prénatales. On n’en a aucune preuve, mais quand bien même elles auraient une influence sur l’enfant, je ne vois pas en quoi cela serait gênant. A la crèche, chez la nourrice, les enfants tissent, dès leur plus jeune âge, des liens autrement plus sérieux avec des adultes qui ne sont pas leurs parents.

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